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Installer une borne en copropriété : le droit à la prise, étape par étape (2026)

TL;DR — En copropriété, le droit à la prise vous autorise à faire installer une borne sur votre place, à vos frais, sans vote de l'assemblée générale. Vous notifiez le syndic par lettre recommandée avec un descriptif des travaux. Il dispose de trois mois pour saisir le juge s'il a un motif sérieux ; sinon, vous posez. La prime ADVENIR monte à 1 000 € HT par point individuel depuis avril 2026.
Qu'est-ce que le droit à la prise, exactement ?#
Le droit à la prise est le droit, pour tout occupant d'un immeuble, de faire équiper sa place de stationnement d'un point de recharge à ses frais. Il s'applique que la place soit en sous-sol ou en extérieur, et que vous soyez propriétaire ou locataire. La copropriété ne peut pas l'interdire par principe.
Ce droit est posé par les articles L.113-16 et L.113-17 du Code de la construction et de l'habitation, précisés par le décret n° 2020-1720 du 24 décembre 2020, en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2021. C'est ce texte qui fixe la procédure et les délais détaillés plus bas.
Faut-il l'accord de l'assemblée générale ? Non#
C'est l'erreur la plus répandue, et celle qui fait renoncer le plus de gens. Pour une installation individuelle sur votre place, l'assemblée générale n'a pas à voter votre projet.
Le syndic est seulement tenu d'inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée, et uniquement pour information. Les copropriétaires sont avertis, pas consultés. Personne ne lève la main pour vous autoriser ou vous refuser quoi que ce soit.
Le vote en assemblée n'intervient que dans un autre cas de figure : quand c'est la copropriété elle-même qui décide d'installer une infrastructure collective pour tout l'immeuble. Cette décision-là se prend à la majorité de l'article 25. Mais ce n'est pas votre démarche si vous voulez juste recharger sur votre place.
La procédure, étape par étape#
Cinq étapes séparent la décision de la mise en service. Comptez deux à quatre mois en pratique, le délai d'opposition du syndic étant le principal facteur d'attente.
- 1Devis d'un installateur qualifié IRVE
Indispensable au-delà de 3,7 kW pour la TVA à 5,5 % et la prime ADVENIR. Sert aussi de descriptif technique.
- 2Notification au syndic par lettre recommandée
Avec descriptif des travaux et schéma. L'accusé de réception date le départ du délai.
- 3Inscription à l'ordre du jour de l'AG
Pour information seulement — aucun vote requis pour une installation individuelle.
- 4Délai d'opposition du syndic3 mois
Le syndic ne peut s'opposer qu'en saisissant le tribunal, sur un motif sérieux et légitime. Sans recours, vous posez.
- 5Convention puis pose de la borne
Convention d'accès aux parties communes signée sous deux mois ; l'installateur intervient ensuite.
Étape 1 — Faire chiffrer par un installateur qualifié IRVE#
Demandez un devis détaillé à un électricien qualifié IRVE. Au-delà de 3,7 kW, cette qualification est obligatoire : sans elle, pas de TVA à 5,5 %, pas de prime ADVENIR, et une assurance qui peut se retourner contre vous en cas de sinistre. Le devis sert aussi à constituer le descriptif technique que vous remettrez au syndic.
Étape 2 — Notifier le syndic par lettre recommandée#
Adressez au syndic (votre bailleur si vous êtes locataire) une lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée d'un descriptif détaillé des travaux et d'un schéma de l'installation projetée. Cette notification fait courir le délai. Gardez précieusement l'accusé de réception : c'est lui qui date le départ des trois mois.
Étape 3 — L'inscription à l'ordre du jour#
Le syndic inscrit votre projet à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale, pour information. La convocation part au moins 21 jours avant la réunion. Vous n'avez rien à défendre ni à faire voter : l'inscription est une formalité d'information de la copropriété.
Étape 4 — Le délai d'opposition de trois mois#
À compter de votre notification, le syndic dispose de trois mois pour s'opposer — et seulement en saisissant le président du tribunal judiciaire, en procédure accélérée, sur un motif sérieux et légitime. Un simple « non » du syndic ou un vote hostile en AG n'a aucune valeur juridique. S'il vous saisit, il doit vous en informer sous 15 jours.
Étape 5 — La convention, puis les travaux#
Une convention entre vous et le syndic fixe les conditions d'accès et d'intervention sur les parties communes. Elle doit être signée au plus tard deux mois après la signature de votre contrat d'installation. Une fois le délai de trois mois écoulé sans recours, l'installateur peut poser la borne.
Dans quels cas le syndic peut-il s'opposer ?#
Les motifs de refus sont strictement encadrés. En dehors de ces deux cas, une opposition n'a pas de fondement et le juge la rejette.
| Critère | Infrastructure collective votée | Impossibilité technique |
|---|---|---|
| Sur quel fondement | La copro a déjà décidé en AG une installation couvrant votre besoin | Le réseau de l'immeuble ne permet pas l'installation, même après mise à niveau raisonnable |
| Ce que ça implique pour vous | Vous vous raccordez à l'infrastructure collective plutôt que de poser une borne isolée | Le projet doit être revu, parfois après renforcement du réseau |
Hors de ces deux situations, le syndic n'a pas à apprécier l'opportunité de votre projet. Le coût, l'esthétique ou la simple réticence de voisins ne sont pas des motifs recevables.
Borne individuelle ou installation collective : laquelle viser#
Deux chemins, deux logiques. Le bon choix dépend surtout de l'état de votre immeuble et du nombre de voisins susceptibles de passer au véhicule électrique.
| Critère | Point individuelNotre choix | Infrastructure collective |
|---|---|---|
| Décision | Droit à la prise, sans vote | Vote en AG, majorité art. 25 |
| Qui paie | Vous seul | La copropriété |
| Aide ADVENIR 2026 | 1 000 € HT (50 % HT) | 12 500 € HT + voirie |
| Idéal si | Vous voulez recharger vite, sur votre place | Plusieurs résidents passent à l'électrique |
Notre conseil tranché : si vous êtes seul demandeur et pressé, partez sur le point individuel — c'est le chemin le plus court et il ne dépend de personne. Si trois ou quatre voisins sont déjà tentés, poussez la copropriété à voter une infrastructure collective : la prime grimpe à 12 500 € HT et la colonne de recharge évite que chacun bricole son raccordement dans son coin.
Les aides en copropriété en 2026#
La prime ADVENIR est la seule aide nationale dédiée à la recharge en résidentiel collectif. Elle a été revalorisée pour les projets votés ou engagés à partir du 1ᵉʳ avril 2026. Source : barèmes officiels publiés sur advenir.mobi.
Pour un point de recharge individuel, ADVENIR couvre 50 % du montant HT de la fourniture et de la pose, plafonné à 1 000 € HT (contre 600 € avant avril 2026). Pour l'infrastructure collective, le plafond passe à 12 500 € HT jusqu'à 100 places (+125 € par place supplémentaire), avec une prime voirie de 8 000 € HT pour le câblage des places extérieures.
S'ajoute la TVA réduite à 5,5 % sur le matériel et la pose d'une borne, dès lors que l'installation passe par un professionnel qualifié IRVE et figure sur une facture unique — sans condition d'ancienneté du logement depuis 2023. Le crédit d'impôt, lui, a disparu en 2026.
Combien coûte une borne en copropriété ?#
Pour un point individuel en sous-sol, comptez en général 1 200 à 2 000 € TTC posé, selon la distance entre le tableau et la place et la nécessité d'un délesteur. La prime ADVENIR et la TVA à 5,5 % ramènent le reste à charge plus bas que le prix affiché.
Le poste qui fait gonfler la facture, c'est rarement la borne elle-même : c'est le tirage de câble sur de longues distances en parking, et le renforcement éventuel de l'alimentation. D'où l'intérêt de faire chiffrer la longueur réelle de câble dès le devis, pas une estimation au doigt mouillé.
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Les erreurs qui font capoter le projet#
Quelques pièges reviennent et coûtent des semaines.
- Attendre l'« autorisation » de l'AG : elle n'est pas requise, et patienter ne sert qu'à perdre du temps.
- Faire poser par un électricien non qualifié IRVE : vous perdez la TVA à 5,5 %, la prime, et la garantie.
- Déposer le dossier ADVENIR après les travaux : la prime devient inaccessible.
- Négliger l'accusé de réception du recommandé : sans lui, impossible de prouver le point de départ du délai de trois mois.
- Confondre infrastructure collective et point individuel : seule la première passe au vote, et leurs barèmes d'aide diffèrent.
Pour aller plus loin#
- Le détail des montants, TVA et conditions : aides à la borne de recharge en 2026
- Quelle puissance viser : 7,4, 11 ou 22 kW ?
- Quel modèle poser sur votre place : notre avis sur la Wallbox Pulsar Plus
- Comment on se finance et pourquoi notre classement reste indépendant : divulgation
FAQ#
Le syndic peut-il refuser l'installation d'une borne sur ma place de parking ?#
Non, sauf motif sérieux et légitime, et seulement en saisissant le tribunal judiciaire dans les trois mois suivant votre notification. Deux motifs tiennent : une infrastructure collective déjà votée en AG, ou une impossibilité technique avérée. Passé ce délai sans recours, vous pouvez engager les travaux.
Faut-il un vote de l'assemblée générale pour installer une borne sur sa place ?#
Non. Une installation individuelle au titre du droit à la prise n'a pas à être autorisée par l'AG. Le syndic inscrit la question à l'ordre du jour pour information seulement, pas pour un vote.
Un locataire a-t-il le droit à la prise en copropriété ?#
Oui. Le droit à la prise vaut pour les propriétaires, les locataires et les occupants de bonne foi. Le locataire notifie son bailleur par lettre recommandée ; celui-ci ne peut s'opposer que pour un motif sérieux et légitime, devant le juge.
Quelle aide pour une borne en copropriété en 2026 ?#
La prime ADVENIR couvre 50 % du coût HT, plafonnée à 1 000 € HT par point individuel depuis le 1ᵉʳ avril 2026, plus la TVA à 5,5 % avec un installateur qualifié IRVE. Le dossier se dépose avant le début des travaux.
Combien de temps entre la demande et la mise en service ?#
Comptez deux à quatre mois en pratique. Le délai d'opposition de trois mois après votre notification est le principal facteur d'attente ; la pose elle-même prend généralement une demi-journée une fois le câblage prévu.